Tai Chi Chuan (Tajiquan)

Historique du Tai Chi Chuan

Le Taiji Quan ou TaiChi Chuan (Boxe des polarités extrêmes) est, comme son nom l’indique, un art martial basé sur les concepts taoïstes de l’alternance du yin et du yang. Sa théorie privilégie la souplesse, la rondeur et le relâchement musculaire. L’un des exercices les plus célèbres est l’exécution des formes à un rythme lent permettant au pratiquant de rechercher l’essence des techniques. Il est toutefois restrictif de résumer cette boxe à cette partie de l’entraînement.Ses origines légendaires sont attribuées au mythique Zhang Sanfeng du mont Wudang… Toutefois les historiens s’accordent aujourd’hui sur le fait que la pratique la plus proche de celle que nous connaissons actuellement et dont nous pouvons suivre les transmissions généalogiquement provient de celle de la famille Chen.
La boxe était alors appelée boxe Chen ou encore boxe des treize postures (ShiSan Shi) ; la dénomination de Taiji Quan est relativement récente et consécutive à la découverte de recueils expliquant la théorie taoïste du Taiji, théorie rendue vivante par cette boxe. Les styles découlant du style Chen les plus célèbres sont le Yang, le Wu de Wu Yuxiang, le Wu de Wu Jianquan et le Sun. De nos jours, le Taiji Quan est reconnu mondialement pour ses vertus thérapeutiques, l’esthétisme de ses mouvements et la philosophie qui accompagne son apprentissage. Aussi, nombreux sont ceux qui se dirigent vers la pratique de cet art pour y trouver une activité physique qui entretienne le corps sans laisser de côté l’esprit.
Chang Sang FengZhang Sang Feng (Wikipedia)

ChenShi Taiji Quan

Le style Chen est l’ancêtre des autres styles. Ses origines remontent à Chen Wanting (9° génération de la famille Chen), qui vécut au XVII°s et était descendant de Chen Bu (1ere° génération) qui fonda le village de Chenjiagou vers la fin du XIV°s. Sa diffusion au grand public est due à Chen Fake (17° génération) qui, au cours du XX°s, enseigna à Beijing (Pékin). L’expression de sa puissance intérieure lors de ses premières démonstrations était telle que personne ne voulait croire qu’il existât un lien de parenté entre son art et celui des formes simplifiées découlant des enseignements de Yang Chengfu (voir le chapitre suivant). Nombre de ses successeurs simplifièrent l’art familial pour le rendre accessible à tous.
Les exercices de forme à mains nues sont divisés en Yi Lu (Premier Chemin), caractérisé par des postures amples et basses, l’alternance du lent et du rapide, et des mouvements spiralés (Chanshijing) ; et Er Lu (Second Chemin), ou Pao Chui (Poings Canons), dans lequel le pratiquant peut s’exercer aux émissions de force (Fajing) et à la puissance vibratoire (Doujing). L’enseignement de Maître Wang Bo tente de rester le plus fidèle à celui qu’il reçut du Maître Chen Fake (voir les arbres généalogiques). C’est par l’intermédiaire du célèbre Maître Gu Liuxin qu’il fut introduit auprès de Chen Fake, dont il suivit à la fois les leçons collectives et l’enseignement privé. Gu Liuxin devait, lui, devenir des années plus tard le maître de sa fille Wang Yang…

 

Quanyou Laojia Taiji Quan

La forme ancienne de Quanyou n’est pas un style indépendant, bien qu’elle puisse être considérée comme telle. Instructeur de la garde impériale, Quanyou développa une pratique influencée par l’enseignement direct et indirect de trois grand maîtres. Il fut en effet disciple de Yang Luchan et de son fils Yang Banhou, qui, lui était également disciple de Wu Yuxian (créateur d’un des deux styles Wu). Il transmit sa pratique, représentative de l’âge d’or du Taiji Quan Yang le plus martial, à son fils Wu Jianquan (créateur de l’autre style Wu), qui la simplifia, et à Chang Yuanting, qui la transmit à son tour à son fils Chang Yunjie.
Ce dernier se refusa à modifier cette forme pour la rendre commerciale, préférant vivre dans la pauvreté.La famille Chang lui conféra l’appellation Quanyou Laojia (forme ancienne de Quanyou) en respect pour ce maître qui leur avait transmis un pur joyau, fruit d’années d’entraînements au côté des plus fameux guerriers de l’époque. Quanyou avait percé à jour les mystères de l’énergie de transformation (Huajing), conférant à cette forme une saveur très atypique : le travail d’absorption, d’ouverture et de fermeture (Da Kai Da He), d’ondulation de la colonne (ZeDie), tout comme les émissions de force (Fajing) retenues, y sont particulièrement recherchés. 

 

manchuguardMandchourie Gardes Impériaux en uniforme et l’équipement semblable à celui porté par Wu Quanyou comme un officier militaire (Wikipedia)

 

Notions

Qi Gong (Chi Kung)

Littéralement « Pratique du Qi (souffle ou énergie) ». Sous cette appellation récente (1950), sont regroupées toutes sortes d’exercices visant à développer la conscience et la maîtrise du Qi ou encore à favoriser sa circulation. Ils peuvent êtres divisés en deux grands groupes :
- Le premier contient les exercices qui sont pratiqués de façon statique, dans une posture définie (allongé, assis, debout, sur une jambe…). On fait appel à la concentration et à l’intention (Yi) pour mobiliser le Qi. Ce type de travail peut être qualifié de « méditatif ». Cette forme d’étude est très utile pour construire une structure énergétique, élargir son champ de conscience ou encore accéder à un état de relaxation profond.

- Le second se compose d’une multitude d’exercices exécutés en mouvement. Dans ce groupe peuvent être réunies les techniques d’étirements, d’assouplissements, d’enchaînements de postures, codifiés ou non, martiaux ou non ; mais aussi les nombreuses techniques d’auto-massage, de percussion des points vitaux et renforcement des différentes zones du corps. Ces exercices, dont la complexité peut s’avérer extrêmement variable, peuvent êtres réalisés dans le but d’améliorer les différentes fonctions corporelles (cardio-respiratoires, digestives, locomotrices…), de préparer le corps pour des pratiques martiales (endurcissement, compréhension de l’essence du mouvement…) ou encore d’évacuer le stress et de détendre l’esprit. A ce titre, le TaichiChuan peut-être qualifié de Qi Gong en mouvement… 

Gong Fu (Kung Fu)

Ce terme est employé pour désigner le niveau de maîtrise ou d’habileté qu’une personne a pu acquérir quelle que soit sa discipline (arts martiaux, calligraphie…). Dans les arts martiaux, les pratiquants développent souvent un Gong Fu à l’intérieur de leur propre style (botte secrète, main ou pied de fer…), consécration de nombreuses heures ou années d’entraînement. Par abus de langage ce terme, dans la langue française, fait allusion aux arts martiaux chinois en général, incluant ainsi donc le TaiChiChuan comme un style de Kung Fu.